avr 14 2009

Cette photo a été prise à St Jean d'Angély lors de la réunion régionale des jeunes démocrates de Poitou-Charentes
avr 14 2009

Cette photo a été prise à St Jean d'Angély lors de la réunion régionale des jeunes démocrates de Poitou-Charentes
mar 22 2009
- A partir de 10h30 : accueil
- A 11h00 : point presse avec Sylvie GOULARD et Bruno JONCOUR
- A 11h45 : point sur l’organisation de la campagne en présence de Dominique Le PENNEC, directeur de campagne pour la région Ouest
- A 12h30 : déjeuner avec les adhérents (Taverne de Maître Kanter - 24, rue Carnot)
mar 18 2009

Conseillère régionale de Poitou-Charentes
Chers Amis,
Ce 16 mars 2009 marque le trentième anniversaire de la disparition de Jean Monnet, citoyen de Cognac, citoyen européen, père fondateur de l’Europe.
Mais c’est la naissance et la vitalité de l’idée européenne que nous sommes venus célébrer ici aujourd’hui.
Fidèles à la tradition de notre mouvement nous nous retrouvons en effet ce matin dans les pas de Jean Monnet, pour poser la première pierre de notre campagne européenne. Avant nous, le Général Morillon a tenu à venir à plusieurs reprises à Cognac, devant la stèle de Jean Monnet, pour saluer sa mémoire et notamment en 2004 et 2005 avec à ses côtés deux grandes figures démocrates de notre mouvement en Poitou-Charentes, les sénateurs Philippe Arnaud et François Blaizot.
Cette célébration, nous l’avons voulu avec Sylvie Goulard tête de liste de la campagne des européennes 2009 dans notre circonscription du Grand-Ouest. Européenne convaincue et engagée, Sylvie Goulard s’est fixée pour objectif de nous faire retrouver l’élan et la modernité du projet Européen. Elle nous invite à lui redonner le souffle des pères fondateurs avec l’enthousiasme des jeunes démocrates. C’est ce que nous vous proposons au travers de la lecture d’un des grands textes de Jean Monnet porté par la voix de nos jeunes et de nos militants qui s’exprimeront dans les grandes langues de l’Europe, attestant ainsi que le relais des pères fondateurs est assuré.
Aujourd’hui Sylvie Goulard, dont chacun connaît la profonde admiration, le grand attachement pour les inventeurs de l’Europe et les nombreux travaux sur ces grands témoins de la construction européenne, est en Bretagne avec François Bayrou. Elle nous adressera un message enregistré en duplex sur France 3 que vous pourrez retrouver sur nos sites.
Elle sera très prochainement parmi nous en Poitou-Charentes.
En vous remerciant pour votre mobilisation dans cette nouvelle campagne européenne symbole pour le Mouvement démocrate d’engagement, d’espoir et de solidarité, je vous invite à donner toute sa solennité de ce moment en faisant une minute de silence à la mémoire de Jean Monnet.
Elisabeth Delorme-Blaizot
Par jml le Mar 17, 2009 | Dans Elections Européennes | Réagir »

16 mars 1979 - 16 mars 2009
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Hommage du Mouvement Démocrate de Poitou-Charentes
à Jean Monnet, père de l’Europe, né à Cognac,
pour le 30ème anniversaire de sa disparition
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Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes
Wir verbünden nicht Staaten, wir vereinen Menschen
We do not conspire States, we unite Men
Non creiamo una coalizione di stati, uniamo degli uomini
No aliamos estados, unimos a hombres
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« Les racines de la Communauté sont fortes, maintenant, et elles vont loin dans le sol d’Europe. Elles ont survécu à de mauvaises saisons, elles peuvent en supporter d’autres. A la surface, les apparences changent et il est normal qu’au long d’un quart de siècle les générations se succèdent avec des ambitions différentes, que les images du passé s’effacent, et que l’équilibre du monde soit renouvelé. Quand on voit la persistance du sentiment européen dans ce décor en pleine mutation et la stabilité des institutions communautaires, on ne peut douter qu’il s’agisse d’un puissant mouvement de fond à la mesure des époques de l’histoire.
Et peut-on dire que les forces qui furent à l’origine de ce mouvement ont épuisé leurs effets et ont fait place à des forces d’une autre nature ? Cette autre nature, je n’en vois pas les signes. Je vois au contraire la même nécessité cheminant à travers les événements qui agitent nos pays, tantôt les rapprochant pour leur avantage mutuel, tantôt les divisant au détriment de tous.
La leçon en est claire et ne peut être perdue. Elle s’inscrit dans l’âme des peuples, mais elle est lente à gagner les centres de la volonté, car elle doit franchir les barrages qu’opposent l’inertie au mouvement, les habitudes au changement. Il faut compter avec le temps.
Vers quel aboutissement nous conduit cette nécessité, vers quel type d’Europe, je ne saurais le dire, car il n’est pas possible d’imaginer aujourd’hui les décisions qui pourront être prises dans le contexte de demain. L’essentiel est de s’en tenir aux quelques points fixes sur lesquels nous nous sommes guidés depuis le premier jour : créer progressivement entre les hommes d’Europe le plus vaste intérêt commun géré par des institutions communes démocratiques auxquelles est déléguée la souveraineté nécessaire.
Telle est la dynamique qui n’a cessé de fonctionner, brisant les préjugés, effaçant les frontières, élargissant en quelques années à la dimension d’un continent le processus qui avait au cours des siècles formé nos vieux pays. Je n’ai jamais douté que ce processus nous mène un jour à des Etats-Unis d’Europe, mais je ne cherche pas à en imaginer aujourd’hui le cadre politique, si imprécis sont les mots à propose desquels on se dispute : confédération ou fédération. Ce que nous préparons, à travers l’action de la Communauté, n’a probablement pas de précédent. Cette Communauté est fondée elle-même sur des institutions qu’il faut renforcer, tout en sachant que la véritable autorité politique dont se doteront un jour les démocraties européennes reste à concevoir et à réaliser. »
Jean Monnet, in Mémoires, 1976, Fayard
Ce texte de Jean Monnet a été lu :
- en Français par Jérôme Sourisseau, Président du MoDem de Charente
- en Allemand par Alexis Blanc, Président du MoDem de Charente-Maritime
- en Anglais par Rachel Araguas, Jeune Démocrate de Charente-Maritime
- en Italien par Yves-Jean Toumit, Secrétaire du MoDem de Charente-Maritime
- en Espagnol par Mercedes Païman, Présidente du MoDem de la Vienne,
et Evelyne Delaunay, vice-Présidente du MoDem de Charente-Maritime

mar 14 2009
mar 13 2009

«Nous n’avons que le choix entre les changements
dans lesquels nous serons entraînés et ceux que
nous aurons su vouloir et accomplir. »(Jean Monnet)

Il y a 30 ans, le 16 mars 1979,
Jean Monnet nous quittait.
En hommage à la mémoire de ce “père de l’Europe” né à Cognac,
Les Présidentes et Présidents des Mouvements départementaux et l’ensemble des coprésidences de Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne du Mouvement Démocrate invitent tous les adhérents et sympathisants à se réunir:
lundi 16 mars 2009, à 11h00
devant la stèle de Jean Monnet,
Entrée de “La salamandre”, place Jean Monnet
à COGNAC (Charente)
C’est en plusieurs langues européennes que nous rappellerons les principaux messages d’avenir et d’espoir qu’il nous a laissés. Nous poserons ainsi ensemble la première pierre de notre campagne européenne sur les valeurs de cet infatigable artisan de l’union des peuples européens en une communauté politique et humaine.
Le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement réuni à Luxembourg en avril 1976, l’a déclaré “citoyen d’honneur de l’Europe” avec les termes suivants : “Jean Monnet s’est attaqué résolument aux forces d’inertie des structures politiques et économiques de l’Europe, dans le but de créer un nouveau type de relations entre les Etats, de faire apparaître les solidarités de fait existant entre les Etats européens et de les traduire en termes institutionnels”.
mar 12 2009
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Exclusif - LCI.fr retransmettra vendredi 13 mars de 14 h à 17h30 l’événement organisé par le Cern avec l’inventeur du web, Tim Berners-Lee.
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Le “www” est né en mars 1989 pour améliorer la circulation des données entre des physiciens du monde entier.
L’Organisation européenne de recherche nucléaire (Cern) délaisse momentanément son accélérateur de particules, le Grand collisionneur de hadrons (LHC), qui a fait l’actualité depuis son inauguration en septembre 2008. Le temps d’une célébration : celle de la naissance du world wide web.
C’est en mars 1989 que le physicien Tim Berners-Lee propose à la direction de l’organisation de transférer des informations sur le réseau Internet en utilisant de l’hypertexte. Objectif : faciliter l’échange de données au sein de la communauté de scientifiques collaborant sur les projets du Cern - scientifiques travaillant au Cern, à la frontière franco-suisse, mais également dans le monde entier.
Un an plus tard, Robert Cailliau, un ingénieur systèmes, rejoint Berners-Lee dans son entreprise. L’outil né de leur collaboration sera officiellement baptisé en mai 1990 : WorldWideWeb.
Pour célébrer cette révolution, le_Cern organise ce vendredi 13 mars un événement filmé et, bien entendu, retransmis en direct sur Internet. LCI.fr vous propose d’y prendre part à partir de 14h.
Au programme de la manifestation : des interventions des “vétérans” du web, un discours de Tim Berners-Lee avec une démonstration du navigateur d’origine puis une présentation des innovations actuelles sur la Toile. Les intervenants s’exprimeront en anglais mais le présentateur traduira certains de leurs propos.
Sur le site dédié www-at-20, les internautes peuvent par ailleurs poser des questions à Tim Berners-Lee ou voter pour leurs questions préférées : les plus populaires seront transmises au père du web, qui y répondra en direct.
Voici le lien à copier sur votre barre de navigation :
http://tf1.lci.fr/infos/high-tech/0,,4303556,00-les-20-ans-du-web-en-direct-sur-lci-fr-.html
mar 12 2009
Cliquez ci-dessous pour voir la vidéo…
Bayrou accuse Elkabbach de propagande gouvernementale
Vifs échanges ce matin sur Europe 1 entre François Bayrou et Jean-Pierre Elkabbach. Interrogé sur le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, l’intervieweur a reproché au président du Modem son baratin, qui l’a accusé en retour de faire la propagande gouvernementale.
mar 10 2009
Du « centre »
Les mots sont la matière première de la politique. Une onde de choc part du mot prononcé dont la vibration fait écho dans l’inconscient des hommes et dans celui des peuples. Et la démocratie d’opinion n’en amortit en rien les effets, elle les amplifie au contraire. Ainsi l’ambiguïté du mot « centre » a fait une partie de la faiblesse et de la division, que je crois provisoires, de cette grande famille politique.
Que dit le mot « centre » ? Il appelle à un dépassement de la logique binaire, droite contre gauche.
Il propose à la place une logique ternaire. Il s’installe d’une certaine manière en arbitre entre ces deux camps antagonistes. Mais, ce faisant, il consacre en même temps d’une certaine manière, dans les mots, la prééminence de cette logique droite-gauche. On ne dirait pas «centre », si l’on ne partait pas de « droite » et « gauche». Autrement dit, on s’installe dans le plan même auquel on prétend échapper. On prend, si j’ose dire, le parti d’une lecture euclidienne de la politique ; le mot fait de la géométrie politique sur un seul plan, rendant impossible toute géométrie dans l’espace. Bref, il accepte les données politiques des adversaires, même s’il propose d’en changer les conclusions. Et, comme on sait : chaque fois qu’on accepte la langue de ses adversaires, d’une certaine manière on a perdu d’avance.
D’où l’infortune infinie du « centre » sous les quolibets des chansonniers, tour à tour peint en «milieu » en
« ni-ni », incapable de choisir, comme si le seul choix légitime était celui des deux grandes forces dominantes. Ainsi, seules la droite et la gauche auraient-elles la légitimité et le privilège de se battre contre les idées qu’elles considèrent erronées, et quand elles ne gagnent pas de refuser de plier devant le vainqueur.
Nul ne reproche à la droite de refuser la gauche ou à la gauche de refuser la droite.
En revanche, le « centre », lui, serait condamné à baisser pavillon devant ses adversaires, en tout cas devant l’un d’entre eux.
Ce « privilège de non-assimilation », en somme, tous les grands courants politiques français en seraient dotés, à l’exception d’un seul, impérieusement prié par le concert des observateurs, des commentateurs, des politiques et des politologues de replier sa valise et son étal dès lors que se profileraient les choses sérieuses.
Il faut pour eux que le « centre » soit d’un côté. Et de préférence de « droite », puisque cela arrange tout le monde. D’où le soupçon perpétuel et universel : la gauche, assez puissamment aidée il est vrai par l’histoire des trois dernières décennies du XXe siècle, n’a cessé d’affirmer que le centre était un perpétuel
faux nez de la droite (« ni à gauche, ni à gauche », disait drôlement et cruellement Mitterrand) ; et la droite oscillait entre deux convictions également condescendantes, soit « la soupe à l’union » dénoncée par Raymond Barre – nous avons les mêmes idées puisque nos électeurs sont les mêmes– dans laquelle il s’agissait de rouler la volaille centriste afin de la plumer avant de l’y noyer; soit, chez ceux qui perçoivent la différence, le perpétuel soupçon que décidément il y a constamment chez ces culs-bénits l’odeur de soufre du diable gauchiste…D’où enfin la mise en demeure récurrente : « Il faut choisir, vous devez choisir… »
Or si choisir c’est accepter la défaite, alors il ne faut pas choisir, il faut refuser de choisir, il faut combattre. Ce qui ne signifie pas que l’on doive refuser les compromis, quand ils se présentent, à une condition : c’est que ces compromis soient issus d’une négociation entre égaux et non pas d’une reddition aux conditions de l’adversaire. Et il convient de combattre au nom d’une conviction : cette famille politique n’existe (et rien, aucun manoeuvre, depuis plus d’un siècle, n’a pu faire qu’elle cessât d’exister) que par ses valeurs. Et son projet de société, j’irai même jusqu’à dire son projet de civilisation, est irréductible aux deux projets qui, en France, tiennent aujourd’hui le haut du pavé.
François Bayrou.
mar 10 2009
« Ressaisir le volant », voilà bien la question civique. Devant les mouvements immenses qui habitent l’univers, États géants, peuplés de centaines de millions d’habitants pour les uns, de milliards pour les autres, hyper-puissances politiques avérées ou en cours d’avènement, des États-Unis à la Chine; en passant par l’Inde ou la Russie restaurée, puissances financières, puissances médiatiques, puissances d’influence, lobbies déclarés ou implicites, organisations criminelles pour qui le blanchiment d’argent est la condition même de leur existence, le jeu politique dans une nation d’importance moyenne court le double risque de l’impuissance et de la gesticulation. Faute de moyens d’action véritable, il semble n’exister que deux voies : l’alignement, plus ou moins volontaire, sur le modèle dominant ou le faire semblant.
Pour les citoyens qui ne se résignent ni à l’un ni à l’autre, l’urgence est de construire les instruments d’une action politique capable d’imposer et non de subir l’ordre du monde.
Que l’on songe par exemple à la question de la fiscalité. Si l’on ne se résigne pas au modèle international d’inégalité croissante, c’est une question de grande importance. Le dumping fiscal sert d’arme de guerre économique entre nations voisines et officiellement amies. Il permet à chacun des acteurs économiques d’élire domicile, y compris fictivement ou transitoirement, là où les dispositions locales sont les plus favorables à ses intérêts personnels. Il est donc fortement soutenu, comme une pratique bienfaisante, par de puissantes coalitions d’intérêts. Si l’on veut sortir des pratiques de dumping fiscal, il faut un
instrument politique capable d’imposer des règles de fiscalité sur un grand ensemble politique, et non plus seulement État par État.
De même, l’urgence devrait être depuis longtemps au refus des pratiques de pseudo Etats offshore, complices actifs des opérations de blanchiment et de la recherche d’opacité absolue dans les transactions et les contrats. Seule une entente des acteurs politiques de premier plan pourra prendre les décisions simples (par exemple la décision de considérer comme nuls et non avenus les contrats ou conventions signés offshore) qui forceront ces « pays » à respecter un minimum de règles de droit universelles.
De même toute réflexion sur la politique de change entre grandes zones monétaires de la planète impose que siègent autour de la table des décideurs politiques de poids comparables, autonomes dans leurs décisions et non dépendants les uns des autres.
Pour les États moyens, même de grande tradition historique, comme la France, la capacité de peser sur l’issue de ces grandes questions dont dépend pourtant notre avenir national nous impose de construire une puissance politique internationale en nous fédérant, pour l’action sur l’essentiel, avec nos homologues
européens.
Or cette puissance européenne, ces dernières années et plus encore ces derniers mois, est allée se désunissant au lieu de se construire. Tout se passe comme si, à l’intérieur de l’Europe, le jeu des gouvernements à la recherche de succès transitoires ou d’intérêts particuliers avait pris le pas sur les grandes questions d’intérêt général. La manifestation d’une fracture de plus en plus visible entre les « grands» (ou qui se croient tels) et les « petits » est un autre signe de cette désagrégation. La mise en scène de la libération des infirmières bulgares, et les contreparties acceptées par le Président français pour obtenir ce succès, ont été un épisode révélateur de captation au profit d’un seul pays des efforts conduits par l’entente de tous et par les institutions communes.
Une politique profonde et sérieuse de fédération des nations moyennes permettra seule la construction d’un monde équilibré, où les grands enjeux politiques pourront enfin être abordés par le concert des nations.
Cet impératif concerne l’Europe aujourd’hui : mais l’Europe n’est, croyons-le, qu’un précurseur.
L’Amérique du Sud, l’Afrique, le Sud-Est asiatique seront tôt ou tard à leur tour concernés par cette nécessité sans laquelle la loi des puissants ne connaîtra pas de borne.
François Bayrou . Tiré d’un article paru dans Commentaire.
mar 10 2009
Le projet démocratique est d’abord un projet d’exigence civique. Il se fait du citoyen l’idée la plus haute et la plus exigeante. Marc Sangnier en a proposé en 1907, il y a exactement un siècle, une définition qui me semble indépassable : « La démocratie est l’organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civiques de chacun. » Cette affirmation magnifique dépasse, et de loin, la seule attribution du pouvoir par le vote des citoyens. Elle revendique, non pas une intervention électorale épisodique, signature de chèque en blanc à des gouvernants dont le seul engagement est de revenir devant le suffrage universel à intervalles réguliers, mais une politique de vérité, d’éducation civique générale, d’information et de formation, destinée à porter le citoyen au niveau d’un décideur. Elle abolit ainsi le gouffre éternel entre « ceux qui savent » et « ceux qui ne savent pas » qui est le fondement et la justification de toutes les oligarchies et de leur forme moderne, les technocraties.
La démocratie ainsi définie pouvait paraître, il y a cent ans, une utopie; elle portait sans aucun doute en elle une dangereuse « chimère » vouée à remettre en cause l’ordre établi des choses, castes et classes
comprises. C’est ainsi qu’elle fut d’ailleurs condamnée par la fameuse encyclique de Pie X et combattue par Charles Maurras.
Aujourd’hui où elle est encore un idéal, elle est pourtant en même temps devenue une nécessité. Mais elle ne peut s’imposer qu’au terme d’un combat, âpre, sans doute de longue durée, tant sont puissants les intérêts qui veulent le contrôle politique absolu de la société et paraissent irrésistibles les moyens de
gouverner l’opinion dont ils disposent. Mais, aussi difficile que soit le combat, deux impératifs rendent à mon sens certaine son issue.
Le premier est un impératif d’efficacité : en démocratie télévisuelle, comme nous sommes, les grandes évolutions de la société ne peuvent être que consenties.
Cela vient en particulier de ce que la manifestation massive, le refus des citoyens, les incidents qui les accompagnent, ne sont pas supportables dès l’instant qu’ils se trouvent photographiés et filmés. Si le pays, massivement, n’accepte pas une réforme, il a tous les moyens de lui opposer son veto.
Or ce consentement de l’opinion ne peut être acquis que par une maturation conduisant à une adhésion ou au moins à une abstention bienveillante des citoyens. En démocratie représentative, ce consentement ne peut se construire que sur la confiance des citoyens à l’égard des gouvernants. Et la confiance ne peut s’obtenir durablement si les gouvernants ne font pas partager de manière transparente leurs raisons, tenants et aboutissants aux citoyens attentifs. Aucune réforme ne sera acceptée, en dehors des « états de grâce », si les citoyens n’en sont pas avertis, n’y sont pas préparés et associés.
Ils refuseront de se fier aveuglément à leurs dirigeants. Ils ont besoin d’avoir les yeux ouverts. Ils exigent qu’on ne leur fasse pas prendre des vessies pour des lanternes.
C’est ainsi que seront à terme durement jugés par les citoyens les pouvoirs dont la conquête a été fondée sur la multiplication de promesses intenables, que la réalité sera venue cruellement démentir. La crédibilité des engagements, leur cohérence, sera une pierre de touche pour le rapport entre pouvoir et citoyens.
D’autant que la révolution de la connaissance a pénétré la sphère démocratique comme elle a pénétré toutes les autres activités humaines.
Internet a ouvert à tous les citoyens les portes et les coffres des bibliothèques, des archives, des centres d’études, des think tanks, qui étaient jusque-là réservés au petit nombre des initiés. La grande aspiration de l’humanité à l’information ne sera plus jamais bornée. Cette information sera immédiate et universelle ; et sa qualité(assez souvent sujette à caution) ne cessera de s’améliorer au fur et à mesure que sera rendu plus dense le réseau de ceux qui l’élaborent et la contrôlent instantanément. Ces citoyens aux yeux ouverts ne se laisseront priver d’information sur aucun des grands choix qui gouvernent leur vie.
Ainsi la démocratie n’est pas seulement un idéal, un horizon pour utopistes, elle est désormais une nécessité et peut-être même une fatalité.
Mais il n’y a de souveraineté du citoyen, en marche vers la conscience et la responsabilité, que si les institutions qui gouvernent son organisation sociale et politique sont construites en conséquence.
La question de l’espace de souveraineté du citoyen, de sa part de pouvoir sur la société où il vit, nous ramène de plain-pied aux grandes philosophies de la démocratie. Pour protéger le citoyen de l’arbitraire, pour lui rendre à tout instant sa part de souveraineté, il faut le garantir contre un pouvoir forteresse, fermé sur lui-même, ne dépendant de rien d’autre que de la décision d’un seul, ou d’un seul groupe.
Il faut que le pouvoir soit organisé de telle sorte qu’il protège aussi contre le pouvoir.
François Bayrou. Tiré d’un article paru dans Commentaire.